• À partir de la photo ci-dessous et de mots empruntés au Dictionnaire insolite des mots oubliés (2013) écrire un texte.

     

    CONFINÉE-E-S 3

     

    Daniel Arsham (Toronto)

    Crédit photographique Brigitte Charnier

     

    Nomscascatelle (nom fém. petite cascade), chasse-ennui (nom masc. ce qui est propre à chasser l’ennui), syrtes (non fém. pluriel sables mouvants, très dangereux pour les navires), tortille ou tortillère (nom fém. allée étroite et tortueuse dans un bois, pour se promener à l’ombre).

     

    Verbe : feuillir (2° gr. se couvrir de feuilles),,affolir (2° gr. devenir fou), (se) gaudir (2° gr.Manifester sa joie) (se réjouir), harper (saisir et serrer avec les mains).

     

    Adjectifs : alouvi (qui éprouve une faim insatiable, dévorante, une faim de loup), éplapourdi (étonné, stupéfait), hurlupé (hérissé, ébouriffé), ubéreux/se (qui produit beaucoup, fécond).

     

     

    Lorsque l’horloge se transforma en cascatelle, les chasse-ennuis se gaudirent. Plus rien ne semblait comme avant. Les chiffres à moitié-rongés par les gouttelettes s’échappèrent de la domination des aiguilles. Le sol s’était transformé en syrtes ubéreuses et les ondes azurées le striant, éplapourdies, s’affolirent. Elles s’élancèrent hors du cercle du temps, sans un regard pour cette machine alouvie qui les tyrannisaient depuis l’origine. Les chasse-ennuis, hurlupés, avaient bien la ferme intention de les harper afin de découvrir les tortillères en train de feuillir. Ils allaient enfin pouvoir jouer leur rôle et ébaudir l’univers délivré du joug du temps.

     

    Brigitte Charnier alias Margueritte C.

     

    Le temps ronge la vie

    Érode son indicateur

    À l’image de corps

    Qui se soumettent à sa supplication

    Cascatelle globique de secondes

    Syrtes d’étouffement

    Des vies qui se cheminent dans une tortillère

    Se dissimulant sous les ombres hésitantes

    Chacun hurlupé par ses peurs ubéreuses

    À s’affolir, benêts éplapourdis de se gaudir

    De harper le comestible des heures

    Toujours alouvi, nécessiteux dînant des déchets d’heures

    Secondes composants un consommé chasse-ennui

    Dans un printemps qui feuillit

    Dans un temps de confinement de soi sur soi-même

    Grand bonheur, fortune de l’infortune

    Jean-Jacques Mazet dit MADIA (mars 2020)

     

     

     

    En écho :

    Mordue cruellement par le temps, tout à la fois éplapourdie et hurlupée, la jeune fille, alouvie d'émotionss'engagea dans la tortille pour se gaudir de cette toute nouvelle sensation ubéreuse. Ses pas la conduisirent vers la cascatelle feuillie et elle se gaudit d'y trouver-là le chasse-ennui espéré. Mais tandis qu'elle tentait de le harper, des syrtes s'ouvrirent sous son pied et elle crut affolir : le temps l'avait rattrapée.

    Hopay

     

     

    Chemins perdus et bruissements

     

    Où sont cachées les tortillères,

    Où sont enfuies les cascatelles

    Jaillies des neiges immaculées,

    Qu’est devenu leur doux langage

    Ubéreux et cristallin ?

    Je reste éplapourdi,

    Par leur silence, leur absence,

    Affoli un peu plus chaque jour.

     

    Il fut un temps où,

    Alouvi par leur présence

    Je m’enhardissais

    À vouloir les saisir

    Harpant à pleines mains

    L’air frais du matin.

     

    Mais ce jour là n’est plus,

    Des ramures feuillies

    J’ai oublié le bruissement,

    Se gaudir du soleil et du vent

    N’est plus que souvenir.

     

    Des chasse-ennuis

    J’ai perdu toute trace,

    Mon esprit erre

    Aux abords des lagunes,

    Se perd dans les mouvances

    Des syrtes enjôleurs.

    Geneviève Coquard

       


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  •  

    À partir d'une photo :

    CONFINÉE-E-S 2 

    Crédit  photographique : Brigitte Charnier

     

    l’arbre à pieu

    érige ses armes

    blessées

     

    loin au loin très

    loin la platitude de l’horizon

    contraste avec

    la verticalité de l’arbre

     

    entre les deux une haie protectrice

     

    quel combat se livrent-ils

     

     

    là haut, noces du ciel et des nuages

    observant le carnage

    à venir

     

    mon cœur

    pourquoi tant de fureur

    balafrent les campagnes

     

    Brigitte Charnier alias Margueritte C.

     

     

     

    Platane

    Arbre circoncis

    Membres émasculés

    Désinences foliacées raides sur des avortons noueux

    Croissance contrôlée par des esthéticiens d’obédiences contre nature

    Dans une espace libre éploré au ciel gris chagrin

    Jamais il ne grandira

    Acier coupant

    Acéré

    Cicatrise

    Sève

    Douloureuse

    Infirmité

    Tronçonneuse

    Écologie punitive

    Image d’un corps mutilé, torturé dans son silence muet

    Racine

     

    Jean-Jacques Mazet dit Madia

     

     

    Il attend

    Il attend

    Que passe le temps

    Habitué aux saisons vides

    Aux silences longs

    Les bras nus

    Tendus vers le ciel

    Le cœur dans l'écorce

    Serré

    Les cœurs dans les corps

    Noués

    Tous immobiles et seuls

    À attendre

    Que passe le temps

    Aline Fernandez

     

     

    Le platane

     

    Il fut un temps

    Où j’étais libre et fier,

    Mes ramures majestueuses

    Se jouaient de l’azur,

     

    J’accueillais au printemps

    Les nids et les oiseaux.

     

    Séduit par ma prestance

    L’homme fit de moi

    L’hôte de ses jardins,

     

    Je suis devenu sa chose,

    Il m’a domestiqué,

    Réduit en esclavage,

    Il a tronqué mes branches

    Pour les rendre dociles.

     

    Je tends vers le ciel gris,

    Candélabres sans ors et sans flammes

    Les moignons échappés au carnage,

    Mes rameaux épargnés, dénudés et sans âme

     

    Je me souviens d’un temps

    Où j’étais libre et fier.

    Geneviève Coquard

     

    En réponse 

     

    Ses moignons dardés contre les nuages de plomb,

     

    Le platane semble arracher de lui sa rage et sa hargne.

     

    Pour dire sa souffrance  

     

    Pour affronter le cataclysme. 

     

    Pour conjurer l'impensable.

     

    Mais tout au cœur de lui, ses racines gorgées de terre généreuse lui disent que non, rien ne mérite ni la peur ni la colère, encore moins le tourment ni l'inquiétude. 

     

    Ainsi va la vie, joli platane. On t'a amputé, on t'a saccagé, mais à l'orée de l'été, ton ramage saura comme hier se faire doux au nid des oiseaux et tendre aux étreintes des amants.

    Hopay

     

     

     

     


     

     

     

     

     


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  •  En écho

     

    Par égard pour elle et pour ne pas la peiner davantage, il  prit sur lui de temporiser. Inutile de militer contre la mondialisation, de sortir, tenace,  d'arides arguments. Mieux valait au contraire huiler les rouages, jouer de la bombarde et inventer de drolatiques histoires : rien ne peut s'opposer à l'inertie de l'unau, surtout quand il trouve sa mollesse tellement jubilatoire !

    Hopay

     



    L’angoisse était tenace. La mondialisation partageait tout, y compris le pire. Les pires comportements, les pires maladies, les pires fake-news. Au milieu de cela, il fallait temporiser, peiner à retrouver le sourire… Les blagues de mauvais goût circulant sur les réseaux sociaux n’avaient souvent rien de jubilatoire, juste un brin drôlatiques parfois….

    Dans certains quartier, ils jouaient de la bombarde de leur balcon, il fallait militer pour se donner l’illusion d’être fort contre ce que nous ne maîtrisions absolument pas.

    Pour ma part, j’avais peu d’égard pour moi-même, jouant les pleutres, dans la position du unau, me traînant du lit au canapé. Il fallait arriver à huiler ses habitudes à rester chez soi, et mettre à profit l’aridité du moment pour se centrer sur l’essentiel.

    Agnès Cognée

     

     

    Aux armes, citoyens

     

    Il fut un temps où,

    Gagné par une mondialisation galopante

    Aux rouages bien huilés

    Octroyant à certains

    Moult profits jubilatoires,

    Peiner pour gagner sa croute

    Était de rigueur,

    Temporiser en attendant demain

    Était illusoire,

    Militer pour un ordre nouveau,

    De première nécessité.

     

    De manifestation violente

    En discussions arides,

    Les uns avec les autres,

    Les uns contre les autres,

    Rassemblés en des foules à la colère tenace,

    Côte à côte,

    Dans une promiscuité réconfortante

    Ils clamaient haut et fort

    Qu’ils seraient les vainqueurs.

     

    Vint à passer par là,

    Cadeau empoisonné

    Partagé avec générosité

    Avec toute la planète,

    Un virus insidieux premier de ce nom.

    Il s’appelait « Coronavirus »

    Pour les intimes « COVID 19 ».

    Pour agir il aurait pu prendre modèle sur le unau,

    Animal qui, comme chacun le sait,

    Déambule avec une lenteur affligeante,

    Mais son agressivité n’avait d’égal

    Que la vitesse à laquelle il se propageait.

    Il allait son chemin,

    Sans distinction de rang,

    De culture, de richesse,

    Il essaimait sans compter,

    À tous les vents,

    Imposant à l’humanité le partage.

    Je l’ai, tu l’auras

    Que tu sois de gauche ou de droite,

    Croyant ou mécréant,

    Si tu veux échapper au carnage

    Reste à distance de moi,

    Surtout ne me touche pas.

     

    Ce revirement soudain du comportement humain

    Aurait pu être drolatique

    S’il n’avait pavé son chemin

    De tant de cadavres.

     

    Bientôt tous furent alertés

    Au son de la bombarde ou du clairon,

    Pour l’occasion remplacés

    Par la voix des médias

    Qui diffusaient avec frénésie

    Les mises en garde récurrentes.

    Pour un temps la devise nationale

    « Liberté, Égalité, Fraternité »

    Fut remplacée par :

    « Égalité, Évitement, Confinement »

    Mieux adaptée à la situation.

    Tel était le salut.

     

    X

    X X

     

    Morale de l’histoire

    Oubliant quelque peu la bienséance, l’esprit de partage

    Eut égard aux forces vives qui nous animent

    Il est des temps où il vaut mieux

    Garder pour soi ce que l’on a.

    Geneviève Coquard

     

     

    Questionnement

     

    Tout d'abord, ils revinrent au café pour se remettre de leurs émotions. Jamais, non jamais les humains avaient eu si peu d’égards pour eux-mêmes. Cette rencontre n’était pas vraiment jubilatoire. Bien au contraire. Du genre plutôt aride. Pourquoi, alors que la mondialisation se généralisait, pourquoi militaient-ils pour un retour au nationalisme ? Plus le temps de temporiser. Il fallait huiler les bombardes afin que cette idée tenace mais nauséabonde peine à se répandre semblable à l’unau qui ne s’en laisse pas conter . Et que reviennent les temps drolatiques si chers à nos cœurs.

    Brigitte Charnier alias Margueritte C.

     

     

    Texte séquestration n° 1

     

    Sans négociation le coronavirus a fait sa mondialisation

    A nos dépends, sans égard, sans peiner, ayant 7 milliards

    d’individus

    Pour jouer à saute mouton, ceci doit être jubilatoire

    Et il est tenace comme un syndicaliste qui milite pour défendre sa

    revendication

    Rien ne sert de temporiser, c’est la peste, huilons nos bombardes

    pour jouer l’air de la guérison,

    Aride mais drolatique situation

    Que nos séquestrations volontaires

    Que cette privation de liberté,

    Que cette tenace peur de la mort

    Que le dolent unau observe de sa branche en grattant ses puces.

    JJ Mazet dit MADIA (séquestré volontaire 11éme jour)

     

     

    Bel unau drolatique

     

    Un drolatique unau asthmatique peine à interpréter un air jubilatoire sur sa bombarde.

    Agrippé à une grosse branche il reste tenace à bien des égards.

    Il veut créer une comédie musicale sur la mondialisation.

    Pour bien militer, il cherche à temporiser ses quelques portées de notes jazzy.

    Il va devoir traverser la forêt tropicale pour huiler la canopée de notre monde aride

    Danielle Tinchant

     

     

     


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  • PETIT JEU D’ÉCRITURE... POUR PASSER LE TEMPS...
    si le confinement devient insupportable ...

     

    Pour les  confiné-e-s ou non je propose un petit jeu d'écriture.
     
    À partir d'une dizaine de mots, choisis au hasard dans le dictionnaire, je vous invite à écrire un texte poétique ou non, court ou long, à votre convenance, sur la thématique de votre choix.

     

    Mots :
     
     mondialisation, égard, bombarde (l'instrument de musique), unau,
    peiner, militer, temporiser, huiler, 
     drolatique, aride, jubilatoire, tenace.
     
     
    À vos plumes...

     


     


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  • Samedi 25 janvier 2020

     

    Moments d'émotion hier en présence d'Annette Gareyte lors de sa performance. Après avoir expliqué son parcours sur la "coulure", comment elle en est arrivée à travailler sur le vivant, elle a installé la personne choisie, préparé la toile puis réalisé sa performance. Si Annette Gareyte peut anticiper le résultat visuel de son travail, ce dernier n’en reste pas moins imprévisible et peut devenir source d’étonnement. Étonnement partagé par les personnes en présence. Face au ressenti de chacun, elle a donné un titre, L'envol dans les Eaux Claires, qu'elle modifiera peut-être lorsqu'elle reprendra la toile dans son atelier à Vijon. 

     

    Lancement revue n° 63-64

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