• CONFINÉE-E-S 1

     En écho

     

    Par égard pour elle et pour ne pas la peiner davantage, il  prit sur lui de temporiser. Inutile de militer contre la mondialisation, de sortir, tenace,  d'arides arguments. Mieux valait au contraire huiler les rouages, jouer de la bombarde et inventer de drolatiques histoires : rien ne peut s'opposer à l'inertie de l'unau, surtout quand il trouve sa mollesse tellement jubilatoire !

    Hopay

     



    L’angoisse était tenace. La mondialisation partageait tout, y compris le pire. Les pires comportements, les pires maladies, les pires fake-news. Au milieu de cela, il fallait temporiser, peiner à retrouver le sourire… Les blagues de mauvais goût circulant sur les réseaux sociaux n’avaient souvent rien de jubilatoire, juste un brin drôlatiques parfois….

    Dans certains quartier, ils jouaient de la bombarde de leur balcon, il fallait militer pour se donner l’illusion d’être fort contre ce que nous ne maîtrisions absolument pas.

    Pour ma part, j’avais peu d’égard pour moi-même, jouant les pleutres, dans la position du unau, me traînant du lit au canapé. Il fallait arriver à huiler ses habitudes à rester chez soi, et mettre à profit l’aridité du moment pour se centrer sur l’essentiel.

    Agnès Cognée

     

     

    Aux armes, citoyens

     

    Il fut un temps où,

    Gagné par une mondialisation galopante

    Aux rouages bien huilés

    Octroyant à certains

    Moult profits jubilatoires,

    Peiner pour gagner sa croute

    Était de rigueur,

    Temporiser en attendant demain

    Était illusoire,

    Militer pour un ordre nouveau,

    De première nécessité.

     

    De manifestation violente

    En discussions arides,

    Les uns avec les autres,

    Les uns contre les autres,

    Rassemblés en des foules à la colère tenace,

    Côte à côte,

    Dans une promiscuité réconfortante

    Ils clamaient haut et fort

    Qu’ils seraient les vainqueurs.

     

    Vint à passer par là,

    Cadeau empoisonné

    Partagé avec générosité

    Avec toute la planète,

    Un virus insidieux premier de ce nom.

    Il s’appelait « Coronavirus »

    Pour les intimes « COVID 19 ».

    Pour agir il aurait pu prendre modèle sur le unau,

    Animal qui, comme chacun le sait,

    Déambule avec une lenteur affligeante,

    Mais son agressivité n’avait d’égal

    Que la vitesse à laquelle il se propageait.

    Il allait son chemin,

    Sans distinction de rang,

    De culture, de richesse,

    Il essaimait sans compter,

    À tous les vents,

    Imposant à l’humanité le partage.

    Je l’ai, tu l’auras

    Que tu sois de gauche ou de droite,

    Croyant ou mécréant,

    Si tu veux échapper au carnage

    Reste à distance de moi,

    Surtout ne me touche pas.

     

    Ce revirement soudain du comportement humain

    Aurait pu être drolatique

    S’il n’avait pavé son chemin

    De tant de cadavres.

     

    Bientôt tous furent alertés

    Au son de la bombarde ou du clairon,

    Pour l’occasion remplacés

    Par la voix des médias

    Qui diffusaient avec frénésie

    Les mises en garde récurrentes.

    Pour un temps la devise nationale

    « Liberté, Égalité, Fraternité »

    Fut remplacée par :

    « Égalité, Évitement, Confinement »

    Mieux adaptée à la situation.

    Tel était le salut.

     

    X

    X X

     

    Morale de l’histoire

    Oubliant quelque peu la bienséance, l’esprit de partage

    Eut égard aux forces vives qui nous animent

    Il est des temps où il vaut mieux

    Garder pour soi ce que l’on a.

    Geneviève Coquard

     

     

    Questionnement

     

    Tout d'abord, ils revinrent au café pour se remettre de leurs émotions. Jamais, non jamais les humains avaient eu si peu d’égards pour eux-mêmes. Cette rencontre n’était pas vraiment jubilatoire. Bien au contraire. Du genre plutôt aride. Pourquoi, alors que la mondialisation se généralisait, pourquoi militaient-ils pour un retour au nationalisme ? Plus le temps de temporiser. Il fallait huiler les bombardes afin que cette idée tenace mais nauséabonde peine à se répandre semblable à l’unau qui ne s’en laisse pas conter . Et que reviennent les temps drolatiques si chers à nos cœurs.

    Brigitte Charnier alias Margueritte C.

     

     

    Texte séquestration n° 1

     

    Sans négociation le coronavirus a fait sa mondialisation

    A nos dépends, sans égard, sans peiner, ayant 7 milliards

    d’individus

    Pour jouer à saute mouton, ceci doit être jubilatoire

    Et il est tenace comme un syndicaliste qui milite pour défendre sa

    revendication

    Rien ne sert de temporiser, c’est la peste, huilons nos bombardes

    pour jouer l’air de la guérison,

    Aride mais drolatique situation

    Que nos séquestrations volontaires

    Que cette privation de liberté,

    Que cette tenace peur de la mort

    Que le dolent unau observe de sa branche en grattant ses puces.

    JJ Mazet dit MADIA (séquestré volontaire 11éme jour)

     

     

    Bel unau drolatique

     

    Un drolatique unau asthmatique peine à interpréter un air jubilatoire sur sa bombarde.

    Agrippé à une grosse branche il reste tenace à bien des égards.

    Il veut créer une comédie musicale sur la mondialisation.

    Pour bien militer, il cherche à temporiser ses quelques portées de notes jazzy.

    Il va devoir traverser la forêt tropicale pour huiler la canopée de notre monde aride

    Danielle Tinchant

     

     

     


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