• Édito spécial

    Mais ce n'a rien été du tournage d'un film.
    Rien de ces mains livides appelant le hasard avec des dés pipés,
    Comme l'appelaient ceux qui voulaient, au loto, on ne sait jamais
    Combien de joueurs sont partis ?
    En ce vendredi 13 où Paris devint Guernica
    Jour terrible dont je souhaite qu'aucun Picasso ne vienne l'écrire ou le peindre
    Mais, comme sur le tableau du maître, ce noir et ce blanc de la nuit, quelques larmes épaisses, rouges et puis ces quelques mots dans les bouches d'aucuns : la terreur et la guerre...
    Mais aucun Picasso pour dire les bougies et les fleurs ni pour dire ces larmes d'un peuple capables d’éteindre les fleurs...
    Ne pas revenir sur la barbarie...
    Plus grave, à mes yeux, en dépit des hommages, l'anonymat des victimes.. penser aux mères ployées sur leur souffrance, aux histoires d'amours irrémédiablement brisées, peut-être les plus belles, à cette jeune fille, oui, musulmane, qui porte en son ventre l'enfant d'un disparu et qui, de son voile, ne parvient pas à tarir ses pleurs… combien de jeunes musulmans au Bataclan ? Ailleurs ?
    L'opinion a hâte de connaître les noms, le parcours des assassins, ne faudrait il pas qu'elle s'attache à connaître ceux des victimes ? Un peuple de poètes a levé une armée de flammes et de fleurs… la chape de l'anonymat ne doit pas recouvrir les tombes, la briser serait la vraie solidarité...


                                   Jacques Ducret Macé pour Création et Poésie


  • Commentaires

    1
    beltrano françoise
    Jeudi 19 Novembre 2015 à 16:08

    Les victimes et leurs familles ont besoin du nom des assassins pour mieux sortir du marasme qui les envahit. Comme en Espagne, les victimes sortiront de l'anonymat. Sur une stèle, gravés seront leurs noms pour échapper à l'oubli et leur histoire personnelle sera contée dans le recueillement . Terrible le sort de cette femme au ventre rempli d'une vie sans père - terrible quelles que soient ses convictions : athée, musulmane ou chrétienne...

    Entre la vie et la mort certaines victimes sont suspendues et l'attente de cette sortie de l'anonymat est une façon pudique d'espérer que leur combat pour rester en vie va gagner.

    Moi, je cherche quelles ont été les motivations de ceux qui dans mon quartier ont organisé, dimanche soir, un feu d'artifice très structuré - expression de joie passée sous silence dans un cynique anonymat.

    N'est-ce pas le rôle d'un poète de refuser de marcher au pas d'une pensée unique quitte à entrer en solitude.

    2
    line
    Jeudi 14 Janvier 2016 à 18:09
    C'est le spleen de Paris :( des mots profonds et obscure.
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :