• LORSQUE LE TEMPS SERA VENU

     

    Lorsque le temps sera venu
    Je fermerai mes portes aux avances de la mort,
    Lorsque le temps sera venu
    Le temps des vents sales
    Celui de l'haleine des chiens
    Je resterai pour ne pas qu'ils m atteignent
    Immobile,
    Je bougerai un peu seulement un peu
    Pour cueillir sur mes doigts
    L'odeur de fleur d'oranger du souvenir
    Je balafrerai mon front en sueur
    Le couvrirai d'un mouchoir noir
    Faena nocturne épelant les nuages
    Et mes yeux
    Enfermeront dans le silence
    Les ultimes visions...
    Lorsque le temps sera venu
    J'ouvrirai les volets verrouillant ma poitrine
    Pour y poser les légendes de mes passes
    Affublées de leurs mots d'amour
    Je ferai de mon cœur un nid
    Pour les rêves de mes suicides
    L'un après l'autre étioles
    J'ouvrirai tes bras nus
    Pour y forcer nos mots
    Ces doubles restent nos mystères
    Ferai un testament de nos chants maladroits
    Et la cendre des mots te blanchira le front
    Toi mon épouse indienne...
    Lorsque le temps sera venu
    De marcher à rebours vers la mer des étoiles
    De saigner sous les jougs de paisibles vertiges
    De crier une fois dernière
    La plénitude des amants
    La monstruosité des dieux
    Lorsque le sang sous mes paupières
    Ramènera l'enfant aux genoux écorchés
    Par les jupes des pierres
    Et que je n'aurai plus la force
    D'implorer un nouveau printemps
    Alors je laisserai les orages du temps
    Poser en moi cette folie nouvelle...
    Lorsque le temps sera venu
    Je te regarderai partir
    Et t'éloigner comme une vieille
    Tassée sous le fardeau des ans,
    Je te verrai assise aux portes du néant
    Tes lèvres sur les miennes auront le goût du vide
    Quand je ne serai plus que cette ombre éplorée
    Celle qui part bien loin de tes cheveux trop gris
    Que le voile de deuil fermera mes paupières
    D'un linceul de chagrin que les ongles ont ferle
    Sous les fumées de mers assourdies de soleil,
    Lorsque je ne verrai plus de toi que le dos
    Englouti comme un songe au bout d une ruelle
    Je te dirais adieu ,enfin,
    Ma belle amante,
    Ma jeunesse...


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