• Mélancolie


    Je tirerai sur nous un drap nimbe de givre
    Je boirai sur tes lèvres
    Les silences que l'aurore y aura déposés
    Tous ces copeaux de rouille
    Tous ces siècles si lourds de pierres
    De sang séché
    Il y aura encore l' ombre de tes cheveux
    Doux chemins où pousser la lassitude de mes mains
    Ton corps ressemblera à une harpe nue
    Sans une seule corde que je puisse y tresser
    Sans ce pleur de lumière
    Né du calice de ta bouche
    Ne restera que cet orage aux phalanges de paille
    Et l'écume du souvenir
    Pour franger les buissons
    Que ligote la nuit.


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