•  

     

    Les cohortes peuplent la ville

    La ville entasse les solitudes

    Qui dégoulinent des quartiers

    Étanches aux regards des solitudes

    Le solitaire n’est pas diamant

    Le solitaire est couleur façade

    Passe muraille des murs sociaux

    Transparent et sans cri dans sa voix

    Il glisse sur les « initiatives sociales 

    Bonnes pour lui », désincarcération sociale

    Désincarnée

    La solitude cocon qui ne s’ouvre pas

    Elle étouffe le papillon dans sa chrysalide

    Tue l’envol du papillon coloré

    Vers des dénouements offrant la vie

    Avec une vie où l’échange est vertu

    Attraction pour ouvrir les plaies vives

    Qui endolorissent le corps et paralyse

    Recherche les gens, ils blessent

    Mais sont aussi la guérison

    Fini de tourner autour de toi

    Tourne autour de la vie

    C’est toi qui donnes le mouvement

     

     

     


    votre commentaire
  • À partir de la photo ci-dessous et des 4 citations suivantes, écrire un

     

    texte (poétique ou non) d’une vingtaine de lignes :

     

    CONFINÉE-E-S 6 

    Plage de Saint Brévin les Pins

    Crédit photographique : Brigitte Charnier

     

    Débutez votre texte par

     

    De l’autre côté de l’Atlantique

     

    Terminez par :

     

    Il découvre pour la première fois la ville.

     

    Les deux citations suivantes sont à utiliser dans n’importe quel

    ordre :

     

    décrit une chasse au trésor

     

    les passagers n’ont jamais atteint

     

     

     

    De l’autre côté de l’Atlantique

    Rêve d’exil improbable

    Plage brumeuse

    À l’orée du ciel

    Et de la pinède

    Que les passagers n’ont jamais atteinte

     

    Il capture le chaman

    Qui décrit une chasse au trésor

    Dans ses rêves

    Aquatiques

     

    Atlantique

     

    Cri retentissant

    Vers l’au-là des rives

    Les passagers

    S’estompent dans le chant de sirènes

     

    Solitaire

    Son rêve d’exil se forge

    La brume se déchire

    Le trésor se dévoile

    Il découvre pour la première fois la ville.

    Brigitte

     

     

    De l’autre côté de l’Atlantique, là où je n’ai jamais mis les pieds, il y a ce rêve tenace. Ce rêve de beaucoup d’Européens, d’aller aux « States » ou au Canada. De l’autre côté de l’Atlantique, j’irai bien aussi, mais plutôt au sud du sud. Cela reste un rêve, auquel je ne crois pas vraiment. Aller au sud de l’Argentine, tout près du détroit de Magellan. Accoster sur la « Terre des fumées », qui devint « La Terre de feu », nom sous lequel on désigne cette grande île découverte par Magellan. Il faut lire la biographie du grand explorateur, écrite par Stefan Zweig, on pourrait croire qu’il décrit une chasse au trésor. Mais en découvrant cette grande exploration, on est loin du romantisme dont on auréole parfois les grandes découvertes. Rebellions, famines, massacres, ponctuent cette exploration qui sera la porte ouverte à un colonialisme de masse et à l’extinction rapide des peuples autochtones. On peut citer par exemple la rébellion du pilote du San Antonio, dont les passagers n’ont jamais atteint la côte sud américaine ; ce pilote qui mit au fer son capitaine et rebroussa chemin. Les prémisses de la mondialisation et du capitalisme moderne valaient-ils tant de sacrifices ?

    Ainsi le rêve de terres sauvages, battues par les colères de l’Océan, ressemble bien à une illusion. Quid de la pauvreté de certains gauchos, quid des quelques rares indiens réduits à la misère sur leurs propres terres ancestrales ? L’océan n’est pas loin de chez moi, les côtes bretonnes restent encore sauvages et il est possible de voir l’océan déchaîné contre les roches et le lichen de ces côtes. Nous avons tous été un enfant et rêvé des grandes découvertes, mais il n’est pas forcément nécessaire d’aller loin pour cela. Tel est l’enfant paysan, quand il arrive à la capitale, lorsqu’il découvre pour la première fois la ville.

    Agnès Cognée

     

     

     

     

     


    votre commentaire
  • Troisième semaine de confinement et  l'imaginaire ne désarme pas.

    Voici des mots formés à partir de « orange » :

     

    Noms :

    onagre, voir les sens possibles sur le site :

    https://www.cnrtl.fr/definition/onagre

    orage, ange, orge, ogre, erg, or.

     

    Verbe :

    nager, range, rogne, nage, ronge, orne, gare.

     

    Les indications sont données en deux temps :

    1 – Qu’évoque pour vous la couleur orange ? Notez 3 à 5 mots.

    2 – À partir des mots que vous avez évoqués et des mots formés

    par « orange », écrivez un texte, maximum 20 lignes (ou vers)

    débutant par « Dans un des cantons les plus reculés » (Le nain

    noir de Walter Scott). Gardez si possible les verbes au présent.

     

     En écho

     

    Orange : coucher de soleil, chaleur, feu

     

    Dans un des cantons les plus reculés de la région vit une sorte de gourou, mi ange, mi-ogre qui profite des soirs d'orage pour transformer le ciel en joyau d'or et de diamant.

    Certains disent l'avoir vu plonger et nager dans le fleuve au coucher du soleil. Ils disent que c'est lui qui orne ainsi l'horizon, faisant jaillir mille nuances de feu dans une flamboyante moisson d'orge et d'onagres.

    Ses ancêtres viennent du pays des sables et des ergs et plus loin encore des contrées où jaillit la première étincelle. Ils lui auraient transmis le secret de la lumière dans de vieux grimoires qu'il range avec beaucoup de soin pour que le temps ou la vermine ne les rogne pas.

    Mais la peur ronge aujourd'hui le gourou quand il nage dans le silence et la chaleur de la nuit pour aller accrocher les étoiles. Ces avions qui écorchent le ciel, ces  autoroutes qui lacèrent la terre, ces gares et aérogares où grouillent les foules lui font redouter le pire : qu'en se rapprochant les uns des autres les hommes finissent par s'éloigner de la beauté du monde.

    Hopay

     

    Orange joie chaleur fruit.

    Bel ange heureux

     

    Dans un des cantons les plus reculé une rivière coulait.

    Un ange tout à sa joie d’y nager, riait à gorge déployée.

    Il chantait à tue tête dans la chaleur estivale.

     

    Oh ! Bel ange, trop sage, craint que l’orage ne s’abatte sur la contrée !

    Gare aux éclairs, gare à la foudre endiablée !

     

    Tu devras voler te réfugier dans les cieux de tes aïeux.

    Intempéries désolantes, fruits de la folie des dieux !

    Danielle Tinchant

     

     

     

     Orange : feu, vitamine, cheminée, pétillant.

     

    Dans un des cantons les plus reculés de ma mémoire vit un souvenir pétillant qui ne cesse de nager. Il brille en moi comme un immense feu de branches par une nuit d’hiver, dans le jardin. De l’or, puissant, au milieu de mes ténèbres. Chaque fois qu’il apparaît, il rogne les orages que j’ai accumulés depuis ma naissance, faisant reculer l’ogre qui me ronge.

    Ma traversée du désert, chaque jour, d’erg en erg, de plus en plus âpre, s’arrêterait-elle ? Vais-je redécouvrir le champ d’orge où mes pas enfantins me menaient ? Soudain, je le vois, l’onagre consolateur de mes chagrins, sa robe de feu lumineuse dans ce pré radieux.

    Je range mes pensées vénéneuses, je cours, je cours. Je nage dans un flot d’émotions vitaminées. Nos yeux se rencontrent, se racontent ; je gare loin très loin la mauvaiseté qui me consume, je la plonge dans le fleuve de l’oubli, je la noie.

    Sa langue râpeuse m’inonde de couleurs. C’est comme si mes paupières s’étaient écloses sur un nouvel univers. Dans ma maison de brume sur la poutre noire de la cheminée l’ange et l’onagre me sourient.

    Brigitte Charnier alias Margueritte C.

     

     

    Orange : soleil –rouille –orange - rouquine

     

    La fille de l’ogre

     

    Dans un des cantons les plus reculés

    De la France profonde,

    Collier d’or ornant son corsage,

    Une grande rouquine,

    Fille préférée de l’ogre redouté de tous

    Rogne avec appétit un os

    Déjà rongé par son père.

    Un rôti d’onagre

    Agrémenté d’orge et de zeste d’orange,

    Une rouille en accompagnement,

    Elle en eut rêvé, mais les temps sont durs,

    Mieux vaut se contenter de ce qui reste !

     

    Sous un charme, abritée des fureurs de l’orage,

    Un ange passe,

    Elle nage en des rêves envoûtants,

    Attend sans broncher le retour du soleil,

    Le passage incertain d’une proie innocente.

    Gare à toi qui pénètre en ces lieux,

    Demain à n’en point douter,

    Demain sera ton tour !

     

    Geneviève Coquard

     

     

     

     

     

     


    votre commentaire
  • Deuxième weekend de confinement. Déterminer, un moment, un lieu, un animal, un personnage et un objet fétiche à partir des propositions suivantes :

    un moment : aube, printemps, vacances, nuit

    un lieu : ville, forêt, campagne, plage

     un animal : chien, licorne, mésange bleue, chouette

     un personnage : navigateur/rice, explorateur/trice, artiste, détective

    un objet : parfum, crayon, améthyste, noyau de cerise

    puis démarrer le texte par une accroche :

     

    Les anciens racontent qu’autrefois un homme alla dans la montagne pour y ramasser du bois. Il emprunta un très joli chemin.

     

    Les anciens racontent qu’autrefois, un homme alla dans les montagnes pour y ramasser du bois. Il emprunta un très joli chemin.

    Depuis quelques jours le printemps, artiste aux multiples talents, avait commencé son œuvre, les pruneliers sauvages, les aubépines avaient pris robes aux couleurs des neiges disparues, alentours primevères, violettes et pâquerettes s’épanouissaient sur un lit de verdure, ça et là, blotties au pied des buissons épars fleurissaient les dernières nivéoles.

    L’homme, soucieux de la dureté des jours, de l’enfant qu’il aurait tant aimé voir en son foyer et qui tardait à venir, un instant distrait par un tel spectacle, poursuivit sa marche jusqu’à la forêt. Elle avait gardé pour un temps encore les noirceurs de la saison froide, son tapis de feuilles inertes décolorées par la pluie et le gel.

    Alors qu’il se tenait courbé, s’affairait à rassembler en un lourd fagot les brindilles et rameaux morts tombés au cours du long hiver, il lui sembla déceler une présence. Tendant l’oreille il perçut un souffle haletant, une plainte ténue. Se redressant, regardant en direction du gémissement il entrevit au pied d’un arbre, derrière un amas de branches une silhouette improbable.

    Ne sachant à quoi s’attendre, prudemment il se dirigea vers elle. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il découvrit, prise au piège d’un braconnier, une magnifique licorne au pelage immaculé, à la crinière de feu. Elle avait pour corps et tête ceux d’un cheval de la plus belle espèce, une corne aux reflets irisés sublimait l’apparition fabuleuse. Depuis sa plus tendre enfance il avait entendu vanter la beauté, les pouvoirs prodigieux de cet animal fabuleux. Malgré la souffrance elle avait gardé sa dignité, avec noblesse levait vers la cime des pins sa corne magique.

    L’homme avec compassion chercha à la rassurer, avec obstination s’employa à desserrer les crocs d’acier qui déchiraient ses chairs, meurtrissaient ses os, la retenaient prisonnière. Après moult tentatives il arriva enfin à la libérer et s’empressa de lui confectionner un pansement fait de mousses et de lichens dont lui seul connaissait les valeurs apaisantes, cicatrisantes et régénératrices.

    Enfin, la licorne délivrée, soulagée se redressa. En un salut princier, fléchissant sa patte blessée, courbant le col, inclinant vers l’homme sa corne magique, pour la première fois, elle prit la parole :

    - Je te remercie, lui dit-elle, de ce que tu as fait pour moi. À jamais je t’en serai reconnaissante. Je connais la dureté de tes jours, les souhaits que tu fais, je sais la pureté de ton cœur, sache que mes vœux t’accompagnent.

    Ce disant elle posa avec délicatesse l’extrémité de sa corne sur sa main.

    - Va, reprit-elle, n’oublie pas le fagot avec lequel tu chaufferas ta maison, en souvenir de ce jour, jamais il ne se consumera, et s’il venait à s’éteindre, il suffirait d’un rire d’enfant pour que la flamme renaisse. Va, je sais que déjà l’un d’eux est sur le chemin de la vie. Au retour cueille les fleurs du printemps pour égayer ta chaumière. À jamais elles seront lumière, éveil de tes aspirations les plus profondes au cœur de tes jours gris.

    L’homme chargea sur son dos le fagot, reprit le sentier qui le ramènerait chez lui ; respectueux des conseils donnés par la licorne il glanait au passage autant de fleurs que sa main pouvait en retenir.

    Lorsqu’il arriva, épuisé par le travail accompli et par tant d’émotions, sa femme l’attendait sur le pas de la porte, il lui fit don du bouquet de fleurs des champs. Elle le reçut comme un hommage, ainsi que la réassurance de leur amour, leurs mains se frôlèrent. En cet instant des modestes fleurs il ne resta rien, les violettes étaient devenues améthystes, les pâquerettes perles fines, les primevères cornes d’or.

    En ce jour de merveilles tous deux savaient que l’enfant dont ils avaient tant rêvé serait bientôt entre leurs bras. De trésor ils n’en demandaient pas d’autre.

    Genviève Coquard

     

     

    Croquis d'une mésange bleue

    Les anciens racontent qu’autrefois un homme alla dans la montagne pour y ramasser du bois. Il emprunta un sentier bucolique.

    Il ne détestait pas une certaine solitude. Il aimait à contempler les sommets de Belledonne, les lacs, et, au loin, les majestueux sommets.

    Il était parti à l’aube . Après une ascension délicate, il arriva à l’orée de la forêt.

    Sur la première branche d’un sapin, une mésange bleue zinzinulait vivement !

    L’homme était un artiste, qui avait toujours son calepin et son crayon dans son sac à dos.

     

    Légèrement fatigué par l’effort, il fit une pause.

    Il s’assit sur une souche, bu à sa gourde, puis dessina l’oiseau…

    Danielle Tinchant

     

    Rite initiatique

    Les anciens racontent qu’autrefois un homme alla dans la montagne pour y ramasser du bois. Il emprunta un très joli chemin. Ils racontent aussi que c’était au printemps, que la nature avait commencé à renaître et que tout le monde attendait son retour car ce bois n’était pas du bois ordinaire. Il devait apporter au clan la prospérité et la sérénité pour les années à venir. Tous les dix ans, un homme devait emprunter le Chemin pour accomplir cette tâche. C’est ainsi que le clan vivait dans le bonheur et dans la paix.

    Il n’était jamais revenu.

    Mais le plus intriguant est que depuis cet épisode, gravé à jamais dans la mémoire des anciens, le clan vit dans la paix, que plus jamais un seul homme ne dut emprunter le Chemin et qu’à chaque équinoxe de printemps on entend sa voix.

    Moi aussi je l’entends. Et chaque année, cette voix se fait de plus en plus pressante.

    Voilà j’ai 15 ans. Aujourd’hui.

    Je dois accomplir le Rite. Lequel ? Je ne sais pas. Les anciens disent que je le saurai le moment venu. Ils font tourner le couteau rituel. Celui-ci indique le Chemin. Stupéfaction. Depuis la disparition de l’Homme, il n’avait plus jamais indiqué le Chemin.

    Je pars vers la forêt. Les oiseaux m’accompagnent de cette voix lancinante qui m’était devenue familière. L’Homme s’était-il transformé en oiseau ? Était-il devenu le maître des oiseaux ? Je poursuis mon chemin. Au bout de deux heures, j’arrive à une fourche. Le chemin se divise en trois sentiers. Je sens que je ne dois pas me tromper, sinon le malheur s’abattra sur mon clan.

    Je prends ma flûte, celle qui ne me quitte jamais et que j’utilise pour me calmer ou quand je dois résoudre une difficulté. Je la porte à mes lèvres et, sans que je m’en rende compte, le son qui s’en échappe rappelle la voix obsédante. Une chouette blanche s’envole de l’arbre qui a poussé sur le sentier de droite. Je la suis, instinctivement. Brusquement un parfum envahit la forêt. Une odeur de bois brûlé mêlée d’herbes aromatiques. Mon enfance me revient. Je revois ma grand-mère préparer le remède qui nous préservait de l’hiver. Un nuage de brume - ou de fumée ? - obscurcit la sente. La chouette me guide par ses hululements. Soudain, tout se dissipe. Le brouillard, le parfum, le chant de la chouette.

    Me voilà devant une grotte. L’Homme m’attendait. Il m’attendait depuis les temps anciens. Il me tend la main. Nos corps fusionnent. Dans ma tête résonne sa voix : c’est toi désormais qui sera l’artiste de la paix du clan. À mes pieds gît la dépouille de l’Homme. 

    Brigitte Charnier alias Margueritte C.

     

    En écho

    Les anciens racontent qu'autrefois un homme alla dans la montagne pour y ramasser du bois. Il emprunta un très joli chemin, que personne dans le village ne prenait jamais car disait-on il rallongeait beaucoup pour gagner la clairière habituelle.

    L'homme était parti à l'aube ce jour-là pour se donner tout le temps... : il voulait s'octroyer une journée dans la nature. En fait il avait toujours eu une âme d'explorateur. Son rêve ? découvrir de nouveaux horizons, de nouveaux êtres... pourquoi pas de nouveaux mondes !

    Ah ! il l'aimait son village, ça oui, c'était même toute sa vie, mais il lui arrivait parfois de se sentir un peu à l'étroit dans son habit de paysan, prisonnier de ces tâches arrimées inéluctablement au rythme des saisons.

    L'aventure qu'il cherchait s'ouvrait à lui sur le très joli chemin.

    Très vite en effet le sentier quitta le bois en redescendant vers la plaine. La pente était raide et l'émotion le saisit quand avec ses prairies, ses champs, la campagne s'offrit à lui en déroulant sous ses pas des tapis multicolores. Aux sapins, aux mélèzes, aux pierriers de sa montagne succédaient les pommiers, les vignes et les haies de lauriers odorantes. Des mésanges bleues voletaient autour de lui. L'air devenait léger et il sentit le parfum de la violette et du seringa... Ivre de tant de douceurs, il dut s'assoir sur une grosse pierre, au bord du sentier. En levant les yeux il aperçut un village tout là-haut, accroché à la falaise. C'était son village et il ne le reconnut pas tout de suite.

    Comment allait-il le rejoindre, maintenant ? Et le bois qu'il devait rapporter ?

    L'homme n'est jamais revenu et depuis, le chemin porte son nom.

    Car les anciens savent que partir n'est pas une trahison. Et qu'il n'y a de fidélité à ceux qu'on aime qu'avec la liberté de les quitter.

    Hopay

     

    Plusieurs chemins

     

    « Les anciens racontent qu’autrefois un homme alla dans la montagne pour y ramasser du bois. Il emprunta un très joli chemin ». Il laissa venir la nuit dans la forêt…les chiens retrouvèrent son corps…grâce au parfum de la mort. Il s’était perdu, pourtant c’était un ancien navigateur.

     

    «  Les anciens racontent qu’autrefois un homme alla dans la montagne pour y ramasser du bois. Il emprunta un très joli chemin ». C’était un jour de printemps à la campagne. La mésange bleue avait dessiné au crayon son chant dans un décor enchanteur d’artiste.

     

    «  Les anciens racontent qu’autrefois un homme alla dans la montagne pour y ramasser du bois. Il emprunta un très joli chemin». Il était en vacances dans le village prés de la plage. De la forêt, le soir à coté de sa cheminée, où brulait son bois, il entendait la chouette dans le noir angoissant, la pipe à la bouche comme le légendaire détective. Il attendait le sommeil pour rejoindre un lit avec un matelas de mauvaise location rembourré avec des noyaux de cerises.

     

    «  Les anciens racontent qu’autrefois un homme alla dans la montagne pour y ramasser du bois. Il emprunta un très joli chemin ». De retour, à l’aube après avoir joué les explorateurs et une nuit couchée à la belle étoile, homme de la ville, ses peurs avaient exacerbé sont imagination ayant vu (rêve ou réalité) une licorne ailée courir légèrement dans un halo couleur améthyste ! La bouteille d’alcool elle était bien vide.

    Jean-Jacques Mazet dit MADIA (mars 2020)

     


    votre commentaire
  • À partir de la photo ci-dessous et de mots empruntés au Dictionnaire insolite des mots oubliés (2013) écrire un texte.

     

    CONFINÉE-E-S 3

     

    Daniel Arsham (Toronto)

    Crédit photographique Brigitte Charnier

     

    Nomscascatelle (nom fém. petite cascade), chasse-ennui (nom masc. ce qui est propre à chasser l’ennui), syrtes (non fém. pluriel sables mouvants, très dangereux pour les navires), tortille ou tortillère (nom fém. allée étroite et tortueuse dans un bois, pour se promener à l’ombre).

     

    Verbe : feuillir (2° gr. se couvrir de feuilles),,affolir (2° gr. devenir fou), (se) gaudir (2° gr.Manifester sa joie) (se réjouir), harper (saisir et serrer avec les mains).

     

    Adjectifs : alouvi (qui éprouve une faim insatiable, dévorante, une faim de loup), éplapourdi (étonné, stupéfait), hurlupé (hérissé, ébouriffé), ubéreux/se (qui produit beaucoup, fécond).

     

     

    Lorsque l’horloge se transforma en cascatelle, les chasse-ennuis se gaudirent. Plus rien ne semblait comme avant. Les chiffres à moitié-rongés par les gouttelettes s’échappèrent de la domination des aiguilles. Le sol s’était transformé en syrtes ubéreuses et les ondes azurées le striant, éplapourdies, s’affolirent. Elles s’élancèrent hors du cercle du temps, sans un regard pour cette machine alouvie qui les tyrannisaient depuis l’origine. Les chasse-ennuis, hurlupés, avaient bien la ferme intention de les harper afin de découvrir les tortillères en train de feuillir. Ils allaient enfin pouvoir jouer leur rôle et ébaudir l’univers délivré du joug du temps.

     

    Brigitte Charnier alias Margueritte C.

     

    Le temps ronge la vie

    Érode son indicateur

    À l’image de corps

    Qui se soumettent à sa supplication

    Cascatelle globique de secondes

    Syrtes d’étouffement

    Des vies qui se cheminent dans une tortillère

    Se dissimulant sous les ombres hésitantes

    Chacun hurlupé par ses peurs ubéreuses

    À s’affolir, benêts éplapourdis de se gaudir

    De harper le comestible des heures

    Toujours alouvi, nécessiteux dînant des déchets d’heures

    Secondes composants un consommé chasse-ennui

    Dans un printemps qui feuillit

    Dans un temps de confinement de soi sur soi-même

    Grand bonheur, fortune de l’infortune

    Jean-Jacques Mazet dit MADIA (mars 2020)

     

     

     

    En écho :

    Mordue cruellement par le temps, tout à la fois éplapourdie et hurlupée, la jeune fille, alouvie d'émotionss'engagea dans la tortille pour se gaudir de cette toute nouvelle sensation ubéreuse. Ses pas la conduisirent vers la cascatelle feuillie et elle se gaudit d'y trouver-là le chasse-ennui espéré. Mais tandis qu'elle tentait de le harper, des syrtes s'ouvrirent sous son pied et elle crut affolir : le temps l'avait rattrapée.

    Hopay

     

     

    Chemins perdus et bruissements

     

    Où sont cachées les tortillères,

    Où sont enfuies les cascatelles

    Jaillies des neiges immaculées,

    Qu’est devenu leur doux langage

    Ubéreux et cristallin ?

    Je reste éplapourdi,

    Par leur silence, leur absence,

    Affoli un peu plus chaque jour.

     

    Il fut un temps où,

    Alouvi par leur présence

    Je m’enhardissais

    À vouloir les saisir

    Harpant à pleines mains

    L’air frais du matin.

     

    Mais ce jour là n’est plus,

    Des ramures feuillies

    J’ai oublié le bruissement,

    Se gaudir du soleil et du vent

    N’est plus que souvenir.

     

    Des chasse-ennuis

    J’ai perdu toute trace,

    Mon esprit erre

    Aux abords des lagunes,

    Se perd dans les mouvances

    Des syrtes enjôleurs.

    Geneviève Coquard

       


    2 commentaires



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires