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    neige assourdie

    que la pâleur du jour

    estampe

     

     

    aux traces indécises

    répond

    un froid sans complaisance

     

     

    au centre de ce blanc

    des lignes

    où d'insanes motifs

    se suspendent

    au présent

     

     

    du glacier de la prairie

    s'ébauchent les voix

    de l'inconscient

    gelées

     

     

    les grains d'écume givrée

    disloquent les paroles

     

     

    les poussières de neige

    désintègrent

    l'effusion du cri et de la lettre

     

     

     

    l'informe surgit

     

     

     


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    bruyères genêts et mûres

    réveillent l'automne

     

    le sable d'Aquitaine noircit les nuages

    les fougères empourprent la forêt

     

    sur les pins

    gisent quelques fruits solitaires

     

    auprès de troncs centenaires

    de vieilles charrettes attendent que la rouille les efface

     

     

     

    les pommes

    courbées

    s'échappent des branches défeuillées

    pourpres au soleil iodé

    elles emprisonnent le regard

     

     

    le cri du corbeau déchire la plaine

     

     

    septembre s'achève

     

     

     


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    les arbres auréolés de pâle

    dénudent la nuit

     

    les ombres glissent

    à l'ajour

     

    les rideaux s'inquiètent

    sous la lampe le bureau attend

     

     

    le cahier lacté se couvre de griffures 

     

     

    où la pourpre étale ses flaques 

     

     

    distorsion de la douleur

    que le sombre amplifie

     

     

    les murs disparaissent

    ne reste que les mots

    qui nous possèdent et nous mutilent

     


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    j'ai accroché la nuit

    aux portemanteaux du silence

    dégrafé l'ombre de mes yeux

    égaré les mots blessés

    dans la faille des souvenirs

     

     

    les aurores scripturales

    ont enseveli les ruines

     

     

     

     

    le chemin rencontré est duo

    où la gerçure des sentiments

    rappelle la fêlure

     

     

     

     

     

     

    si j'emplis le vide du chant

    si les papiers s'envahissent de mes désirs

    que je tutoie les arbres

    et les vastes montagnes

     

     

    si la rose à l'ancienne s'épanouit

    tel un rêve à venir

    encore

     

     

    je suis arbre desséché

    que la grâce de la sève a déserté


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    la montagne s'éveille

    au vent de steppes

    grave

     

     

    le martèlement des chevaux s'envole

    je m'endors dans l’aiguë de tes lèvres

     

     

     

    comme le souffle des âmes

    qui se prolonge au creux d'une nuit invisible

    le vent revient

    suspendre le pas des chevaux

     

     

    s'installe l'aube tachetée des cisailles du froid

     

     

    le vent me prend le cœur

    éclos des aiguës de l'oiseau

    survole le pas des chevaux

     

     

     

    dans les profondeurs du corps

    les émois de tes sourires vibrent en douceur

    caressent les cordes sensuelles

     

     

     

     

    les poussières se détachent du ciel

    retombent dans la musique lancinante de tes mots

    en lente agonie sous le pas des chevaux

    je me désaltère à ta douceur

     

     

     

     


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