• Je retourne au camping une fois de plus

    En mode de vie pauvre

    Ménage minimum

     

    Dépendante du temps et de son humeur

    Vacuité en forme de bulles croassantes

    Je m'incline

     

    Mes pieds sur l'herbe verte

    Entre deux arbres

     

    Tenir l'état de non-étant

    Un rôle de comédienne

    La Divine Comédie me cherche

     

    Me regarder en aveuglée

    Me faire disparaître

     

    Inconnue

    Je chemine inutile

     


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  • J'ai fini le riz et les aubergines

    Que m'avait apporté mon amie

    Venue partager un repas avec moi

    Son repas d'ailleurs

     

    J'ai seulement ajouté du hareng

    De la mer Baltique

    Celle plus haut que la France

     

    Pour combattre le crabe

    J'ai été réduite à peu d'énergie

    Le crabe me fiche la paix

    En ce moment

     

    Juste

    Une envie de dormir

    Me tient les yeux

    En résistance

    Ne pas succomber à mon besoin

    De me laisser aller

     

    Tenir encore

    Pour écrire

    Dans mon grand désert amoureux

    D'aujourd'hui

    La baleine de mon emploi du temps

     

    En vain j'aurai pris la défense

    De toutes les femmes

    Me suis-je défendue

    Me suis-je défendue assez

     

    Choisir la solitude

    Une solitude pacifiante

    Loin d'une présence pernicieuse

     

    Me nourrir du moment présent

    De cailloux durs à casser

    De pelle à fracasser l'inutile fierté d'être un humain

    Pour mieux me posséder

    A la Dostoïevski

     


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  • Médecin sans compétence

    Je commence l’auscultation

    De mon inscription dans ce monde

     

    J'ignore jusqu'où j'irai

    Mon destin est limite de vie

     

    C'est séduisant de sentir sa vie compromise

    Cornet de glace fondant dans la bouche

     

    Occupée à tenir

    Tel un peuplier dans la tempête

    Tout en verdure

     

    Résistant à la longue montée des ténèbres

    Traversée en sirène

    Je me laisse emporter

     

    Le radeau du Kon Tiki me conduit vers une aventure

    Entourée par le Pacifique

     

    Rire et moquerie s'acoquinent

    Jumeaux du voyage de la vie


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  • Zébrée
    Tapie dans l'ombre
    Ma peau s'accroche aux cicatrices
    Du moment de la déroute
    La défaite de toute une vie
    Construite sur le refus de mourir
    À une date non choisie

     

    Bande de soin dévidée
    Sur années effeuillées
    Sans branche tombée

     

    Un remords court
    Électricité du condensateur
    Pliant le jeu d'oie
    À des embûches supplémentaires
    Le puits, la prison
    D'où l'on ne sort plus

     

    Zigzag
    Accroché aux lunettes de l'acceptation
    Surveillant le bienfait
    Du présent en écriture

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  • La peau s'émerveille

    La fleur gémit

    Sous la pesanteur de tes pétales

     

    Le crépuscule engloutit l'avenir

    Etouffe nos cœurs

    Le soleil sauvage

    Galope à l'horizon.

     

    De l'abandon

    Mains en carènes

    Dans tes bras noirs

    Lianes réconfortantes

     

    Mon corps en appel de caresses

    Cherche en lui-même

    L'éventail de toutes tes traces

    Les ex-lieux de ta tendresse,

     

    Les souvenirs sortent de la lessiveuse

    Quand la chaleur des braises

    Perfore l'opacité du moment.

     

    Mes larmes renversent le désert

    Sur la toiture de l'oasis

    Je t'ai égarée dans les lignes d'un poème.

     


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